Le tourisme participatif comme alternative au tourisme de masse

Quelles sont les conséquences du tourisme de masse ? Quelles en sont les alternatives ? (Temps de lecture 2 minutes).

La cité des doges menacée, environ 22 millions de touristes s’y rendent chaque année. C’est moitié moins des touristes qu’à Paris, mais pour une ville 35 fois moins peuplée.

Les vénitiens n’hésitent plus à exprimer leurs ras-le-bol. L’année dernière, des affiches adressées aux touristes étaient placardées à travers la ville : “Dehors les touristes, vous détruisez notre ville”. En mars 2018, 300 vénitiens sont descendus dans la rue pour manifester contre ce tourisme de masse, valise dans une main et dans l’autre des pancartes avec écrit dessus “#venexodus”.

Venise n’est pas la seule ville souffrant du tourisme de masse. Quelles en sont les conséquences mondiales ? 

  • La gentrification : c’est le phénomène d’appropriation d’un quartier populaire ou défavorisé par une population aisée. Une hausse des prix des loyers, de l’immobilier et de la vie dans le quartier se fait ressentir ce qui force les locaux à déménager. Les loyers à Barcelone ont ainsi subi une hausse de 20 % en 10 ans.

    Gentrification in New York. Photo credit: James and Karla Murray
  • La folklorisation : c’est le fait de conserver d’une culture que le pittoresque. En voulant faire découvrir aux touristes la culture traditionnelle, les locaux dénaturent la réalité de la culture locale au profit d’un divertissement. Les touristes viennent consommer une idée préconçue de la destination qu’ils ont été amenés à voir dans des magazines, sur les réseaux sociaux, ou dans leur guide de poche.
  • La destruction de l’environnement : certains lieux finissent par être dégradés et pollués.  En Thaïlande, la fameuse plage du film du même nom est visitée par des millions de touristes chaque année. De ce fait, une grande partie des coraux sont endommagés. Pour permettre à la nature de se régénérer la plage va être fermée au public pendant 4 mois.

    L’ile Koh Phi phi en Thaïlande.

Un type de tourisme alternatif cherche à résoudre ces problèmes : le tourisme participatif.

Le tourisme participatif est un tourisme qui engage le visiteur dans une démarche à valeur ajoutée pour le lieu d’accueil. Il n’est pas simple consommateur de ses vacances, il est “consom’acteur”. Cela aura comme finalité de rendre son expérience plus forte et plus mémorable.

Voici trois initiatives de tourisme participatifs : les greeters, le WWOOF et la startup Bagshare.

  • Les greeters : le terme “greeter” veut dire “hôte”, cette pratique est apparue pour la première fois en 1992 à New York. Lynn Brooks, une habitante de la ville, voulait faire découvrir la Big Apple telle qu’elle l’aimait et gommer son image négative. Les greeters accueillent bénévolement des touristes. Ils montrent et parlent de façon insolite, originale et personnelle de ‘leur’ coin, ‘leur’ quartier, ‘leur’ ville, dont ils sont fiers et passionnés. Les greeters vous accueillent chez eux comme un ami et vous guideront hors des sentiers battus.

    La France contient 50 structures de greeters, cela en fait l’un des pays ayant le plus de greeters au monde.
  • Le WWOOF : le premier acronyme de WWOOF, Working Weekend on Organic Farms fut créée en 1971 à Londres par Sue Coppard. Elle se rendit compte qu’il était nécessaire de permettre aux citadins de découvrir la vie à la campagne et de soutenir le mouvement biologique.

    Aujourd’hui l’acronyme de WWOOF est World Wide Opportunities on Organic Farms. Il existe désormais des organisations WWOOF autonomes dans le monde entier. Le WWOOF est reconnue comme une activité à but non lucratif qui contribue à une planète écologique. Il permet de construire un monde plus autosuffisant, biologique et connecté.
  •  Bagshare social : Cette start-up lancée en novembre 2016 par Valérie Demay et Daniel Rios Moreno propose « de mettre en relation de petites ONG locales avec des voyageurs sociaux qui offrent un espace dans leurs sacs pour transporter des marchandises spécifiques pour le développement de leurs missions”.

Les valeurs du tourisme partagé s’imposent ! 2017 fut proclamée « Année internationale du tourisme durable pour le développement » par les Nations Unies. Vous laisseriez-vous tenter ? 

One Reply to “Le tourisme participatif comme alternative au tourisme de masse”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.